khaled Juma
    
   
 
 
 
 
 
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Mon cur se cache dans une fleur bleue
 

 

Khaled Juma

 

 

 

 

Une main de mers et dencens saccoude mon horizon et je porte deux corbeaux comme une Histoire tyrannique et irrsistible. Je dtourne le regard de la scne de feu qui emplit lespace filant sur les collines lointaines, lointaines comme lide de limmortalit, je cre une ombre cre pour pleurer mes amis passs derrire la ligne de la vie : librs du poids de leur peau et de leur aptitude la tristesse, ils ont un rythme dont nous ne savons ni la magie, ni les dimensions, nous qui allons bientt prir.

Je tente dattnuer la rumeur chantonnante de la ville dans mon me, je la chasse comme une mouche turbulente, la frotte entre mes doigts, la serre entre les dents de loubli, alors elle se cache comme un grain de sable dans le sable, jessuie ma dfaite comme nimporte quel amant et je la laisse secouer mon sang comme un pantin que la perfection nempche pas de subir une enfant ayant emball le monde dans son petit cur.

Je suis perplexe : comment une fleur naissante a-t-elle pu enjoliver le drame telle une irrsistible jouvencelle ? Je suis perplexe de renatre chaque fois de lanantissement de ma dpouille pour mourir et dessiner la rsurrection comme la cime dun mont inaccessible. Je suis perplexe face aux femmes assises dans le sous-sol de la mmoire tailler des robes de mots sur des corps oublieux de leur fminit pour donner au pays du got et une odeur. Ma perplexit et lorange me laissent perplexe.

 

Je mets au point une petite journe o je dispose une amoureuse, une rue, une cole au bout du chemin et une promenade quotidienne, sans fin, avec un rossignol qui sait changer les saisons quand il est las du climat  tenace comme les prnoms , avec une pierre sur laquelle on a grav des lettres qui mettent le temps et le sentiment lpreuve, avec un point sans cesse recommenant dont nous nous dtournons chaque fois que le soleil choue rsister au couchant, avec des arbres jaloux de nos petits dmons quand ils gravent leur derme narcissique, avec une fentre pour sortir toute vitesse lorsque la voix dune mre cherchant sa fille en fugue agite latmosphre.

 

Les lettres marrivent par la poste des califes avec un million dannes de retard, jouvre leurs maisons pour laisser tomber le bl des mots, je picore ce qui me plat comme un moineau, cherchant mon nom guett par le massacre avant que la froideur de la page ne labandonne, avant que ma langue, la langue que je connais, ne se transforme. Le gril de lattente me pique comme un dard, je trane une remorque de vieilles histoires, je referme mes lettres orphelines ; jattends le courrier.

 

Les jours despoir

 

Mon cur se cache dans une fleur bleue

 

Quune hirondelle observe distance

 

     
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